Y'a pas de conflit d'intérêts quand on sait très bien d'avance quels intérêts vont prévaloir.
Rappel: Claude Castonguay est nommé par le gouvernement Charest pour écrire un rapport sur la possibilité de permettre au privé de se développer davantage en santé. Il annonce immédiatement qu'il est en faveur d'une plus grande intervention du privé. On soupçonne donc déjà fortement le contenu du rapport final.
Nouvelle péripétie: Le Dr. Chaoulli, celui à l'origine du grand questionnement de société sur l'importance des PPP en santé, décide d'ouvrir une firme de "courtage" médical. Même principe qu'un courtier d'assurance: on présente notre situation, on est référé à un hôpital ou un médecin spécialiste en fonction de nos demandes (qui tiennent comptent des délais d'attente, de la propreté de l'hôpital, etc.) Et on apprend que:
"La fille de Claude Castonguay, Johanne Castonguay, a déjà confirmé son intention de prendre part à cette réflexion, ce dont se félicite le Dr Chaoulli."
Des fois, on dirait que les escrocs ne se donnent même plus la peine de cacher leurs escroqueries.
mardi 26 juin 2007
mardi 19 juin 2007
Le gouvernement, ça devrait être géré comme une business
Ce qui implique de la publicité.
Parce qu'on sait qu'un gouvernement doit chercher à séduire les électeurs. Faut leur faire comprendre que même s'ils n'aiment pas une politique, elle est quand même bonne pour eux. C'est pas de notre faute à nous, au gouvernement, si les électeurs sont trop caves pour savoir ce qui est bon ou pas bon; notre job c'est de faire passer nos idées et d'ensuite les défendre. Et par la suite, de tuer, dépecer, incinérer et enterrer la petite voix qui dit:
"Mais quand une idée est bonne, on n'a pas besoin de la défendre..."
Parce qu'on sait qu'un gouvernement doit chercher à séduire les électeurs. Faut leur faire comprendre que même s'ils n'aiment pas une politique, elle est quand même bonne pour eux. C'est pas de notre faute à nous, au gouvernement, si les électeurs sont trop caves pour savoir ce qui est bon ou pas bon; notre job c'est de faire passer nos idées et d'ensuite les défendre. Et par la suite, de tuer, dépecer, incinérer et enterrer la petite voix qui dit:
"Mais quand une idée est bonne, on n'a pas besoin de la défendre..."
lundi 18 juin 2007
Autour du monde
1) À tous ceux qui croient que "c'est la religion qui cause toutes les guerres", je réponds ceci: non. La religion est un prétexte et un outil de recrutement dans le cadre d'un conflit plus vaste. La preuve: aucune religion / philosophie, je dis bien aucune, n'est plus pacifiste que le bouddhisme, ce qui ne signifie pas que tous les bouddhistes sont pacifistes. À peu près toute différence idéologique peut survolter un conflit politique, surtout lorsqu'il est question de savoir qui contrôle un bout de territoire.
2) On aurait pu avoir peur d'une seconde guerre au Liban, mais, pour une fois, on dirait que quelqu'un au Moyen-Orient semble avoir agi de façon suprarationnelle. Olmert annonce qu'«Israël ne succomberait pas à cette provocation mais surveillerait la situation de très près».
3) Je devrais probablement parler du conflit intrapalestinien, mais j'avoue le connaître seulement assez pour pouvoir suivre ce qui se passe. J'ai aucun élément ou angle neuf à apporter là-dessus (pour l'instant), alors je vous laisse vous informer vous-mêmes. D'autres (ahem) (ahem) savent mieux que moi ce qui se passe là-bas.
4) Transition du Moyen-Orient à l'Europe, Salman Rushdie est nommé chevalier. Dans un univers de vases clos, c'est une bonne idée. Rushdie est un bon auteur (supposément; j'avoue ne l'avoir jamais lu) et ça fait du bien de voir les lettres récompensées au même titre que le sont souvent les acteurs britanniques d'Hollywood. Par contre, c'est pas vraiment de cette façon-là qu'on s'attire l'amitié de l'Iran, particulièrement de l'Ayatollah. (Homme dont on parle très peu, depuis l'élection d'Ahmadinejad. À croire qu'on a oublié que l'Iran est une théocratie et que le porte-parole (Ahmadinejad) est plus à blâmer que les décideurs.)
5) Il n'y a pas que la gauche qui encaisse les coups en France. 40% des sièges, c'est bien, mais à travers tous ces gros plans des sourires de Sarko et Ségo, on oublie un fait majeur: un taux d'abstention de 40%, avec 3,42% des votants qui se sont déplacés pour annuler leur vote. Et moi qui croyait que la santé d'une démocratie, c'était l'expression de la plus grande partie du peuple possible.
6) Il était temps. Combien d'entre vous se souviennent de l'actualité de février-mars 2003? Vous vous souvenez de la guerre en Irak? C'est déjà bien. Mais je vais quand même procéder à une dramatisation dialoguée des événements de ces mois-là, juste pour le plaisir de tous.
Bush: L'Irak est une menace. Saddam possède des armes de destruction massive.
Saddam: Non! J'en ai pas!
Kim Jong-Il: Moi j'en ai!
Bush: L'Irak refuse de coopérer.
Saddam: Non, on coopère! Voici un rapport de 12 000 pages, en arabe, qui fait état complet de notre armement.
Kim Jong-Il: Moi j'ai des armes, et j'hésiterai pas à m'en servir. Surtout, essayez pas de m'empêcher, c'est mon droit d'acquérir des armes.
[48 heures plus tard]
Bush: J'ai lu le document de Saddam. C'est de la propagande mensongère. À L'ATTAQUE!
C'est plus drôle si vous imaginez qu'ils sont comme les marionettes du Moyen-Âge qui se tapent dessus.
2) On aurait pu avoir peur d'une seconde guerre au Liban, mais, pour une fois, on dirait que quelqu'un au Moyen-Orient semble avoir agi de façon suprarationnelle. Olmert annonce qu'«Israël ne succomberait pas à cette provocation mais surveillerait la situation de très près».
3) Je devrais probablement parler du conflit intrapalestinien, mais j'avoue le connaître seulement assez pour pouvoir suivre ce qui se passe. J'ai aucun élément ou angle neuf à apporter là-dessus (pour l'instant), alors je vous laisse vous informer vous-mêmes. D'autres (ahem) (ahem) savent mieux que moi ce qui se passe là-bas.
4) Transition du Moyen-Orient à l'Europe, Salman Rushdie est nommé chevalier. Dans un univers de vases clos, c'est une bonne idée. Rushdie est un bon auteur (supposément; j'avoue ne l'avoir jamais lu) et ça fait du bien de voir les lettres récompensées au même titre que le sont souvent les acteurs britanniques d'Hollywood. Par contre, c'est pas vraiment de cette façon-là qu'on s'attire l'amitié de l'Iran, particulièrement de l'Ayatollah. (Homme dont on parle très peu, depuis l'élection d'Ahmadinejad. À croire qu'on a oublié que l'Iran est une théocratie et que le porte-parole (Ahmadinejad) est plus à blâmer que les décideurs.)
5) Il n'y a pas que la gauche qui encaisse les coups en France. 40% des sièges, c'est bien, mais à travers tous ces gros plans des sourires de Sarko et Ségo, on oublie un fait majeur: un taux d'abstention de 40%, avec 3,42% des votants qui se sont déplacés pour annuler leur vote. Et moi qui croyait que la santé d'une démocratie, c'était l'expression de la plus grande partie du peuple possible.
6) Il était temps. Combien d'entre vous se souviennent de l'actualité de février-mars 2003? Vous vous souvenez de la guerre en Irak? C'est déjà bien. Mais je vais quand même procéder à une dramatisation dialoguée des événements de ces mois-là, juste pour le plaisir de tous.
Bush: L'Irak est une menace. Saddam possède des armes de destruction massive.
Saddam: Non! J'en ai pas!
Kim Jong-Il: Moi j'en ai!
Bush: L'Irak refuse de coopérer.
Saddam: Non, on coopère! Voici un rapport de 12 000 pages, en arabe, qui fait état complet de notre armement.
Kim Jong-Il: Moi j'ai des armes, et j'hésiterai pas à m'en servir. Surtout, essayez pas de m'empêcher, c'est mon droit d'acquérir des armes.
[48 heures plus tard]
Bush: J'ai lu le document de Saddam. C'est de la propagande mensongère. À L'ATTAQUE!
C'est plus drôle si vous imaginez qu'ils sont comme les marionettes du Moyen-Âge qui se tapent dessus.
Vide de contenu
On apprend ici que le journal Hill Times a voté pour Rona Ambrose comme étant la deuxième plus belle membre du parlement d'Ottawa. Et on apprend ici (voir troisième image de la première ligne) qu'elle a sûrement dû "faire un Option Canada", comme on appelle ça à Ottawa... c'est-à-dire, acheter le vote. Parce que, bâtard qu'elle peut faire dur, la Ambrose.
Hey! Regardez ce billet. Presque aussi vide de contenu que le plan environnemental d'Ambrose, justement. Je sais, je sais, ex-ministre et tout et tout. Mais j'ai pas le goût de chercher une autre photo de John Baird. Alors choisissez vous-mêmes.
Hey! Regardez ce billet. Presque aussi vide de contenu que le plan environnemental d'Ambrose, justement. Je sais, je sais, ex-ministre et tout et tout. Mais j'ai pas le goût de chercher une autre photo de John Baird. Alors choisissez vous-mêmes.
samedi 16 juin 2007
Gödel, Escher, Bach: an Eternal Golden Braid
Avant de débuter, j'annonce ma découverte d'un autre jouet: amazon.com. Ou plutôt, les suggestions d'amazon.com.
"Mais JD, qu'est-ce donc que cela?"
Très simple, voilà ce que c'est. On se crée un compte d'utilisateur sur amazon.com, on donne des notes aux films/livres que l'on aime (ou pas) et on ajoute à sa "wish list" ceux qu'on ne possède pas mais qu'on aimerait avoir. En triant ces données et en les comparant aux autres utilisateurs du site, Amazon.com fait une liste (assez longue) de recommandations. Elles sont parfois assez loufoques (quoi?! on me recommande les fleurs du mal parce que j'ai aimé la cantatrice chauve?), parfois inutiles (Recommandation: The Little Prince. Raison: You have rated Le Petit Prince), mais après avoir fait un ou deux tri (en ajoutant les titres-dont-j'ai-entendu-parler-et-qui-m'intéressent à la wishlist et en cochant "Not Interested" pour les guides d'étude de l'École des Femmes de Molière), on obtient une liste assez hétéroclite (du moins... si on a des goûts hétéroclites comme les miens) de titres dont on a plus ou moins entendu parler.
Et comme je suis téteux, je remets le lien pour ceux qui ne l'ont pas saisi:
Ma wish list
V' viendrez pas dire que vous savez pas quoi m'acheter pour ma fête. (Jack & Gilles, je veux toujours une élection. Forcez-vous un peu, je suis sûr que vous allez trouver quelque chose. Stéphane, tu peux contribuer aussi.)
Douglas Hofstadter sur amazon.com
Sur Wikipedia (EN) (FR)
Le vif du sujet, donc. Ma dernière lecture: GEB: EGB. Le sujet ne peut être mieux expliqué que par Hofstadter lui-même dans sa préface 20 ans après la parution originale.
In a word, GEB is a very personal attempt to say how it is that animate beings can come out of inanimate matter. What is a self, and how can a self come out of stuff that is as selfless as a stone or a puddle? What is an "I", and why are such things found (at least so far) only in association with [...] certain kinds of gooey lumps encased in hard protective shells mounted atop mobile pedestals that roam the world on pairs of slightly fuzzy, jointed stilts?"
Tentative de résumé de JD de la tentative de réponse de l'auteur, spécialiste (à l'époque) d'intelligence artificielle et (aujourd'hui) de sciences cognitives: l'intelligence est atteinte lorsqu'un système formel (comme, par exemple, un cerveau, dont les neurones réagissent de façon rigide à des stimulants purement électrochimiques, pour former des concepts "mous" ou plastiques comme la pensée) peut référer à lui-même et que ses différents niveaux peuvent interagir les uns sur les autres, en violant les "règles" hiérarchiques établies. (On pense à Escher.) Mais pour en arriver là, l'auteur prend la peine d'expliquer ce qu'est un système formel mathématique et ce qui se passe lorsque celui-ci devient assez puissant pour référer à lui-même.
Le livre est construit en alternant chapitre théorique et dialogue (mettant en scène Achilles et la Tortue de Lewis Carroll, empruntés à Zénon, et leurs amis, le Crabe, le Fourmilier et le Paresseux). Ça peut paraître un peu étrange, mais à travers les situations bizarres que connaissent les personnages, on aborde de façon "pratique" ce qui est par la suite explicité de façon théorique dans le chapitre suivant.
Parfois aride, le livre décourage un peu pendant les chapitres les plus ardus, notamment ceux qui sont centrés sur la construction d'une autoréférence dans les systèmes formels mathématiques. Mais Hofstadter est un bon pédagogue, et il sait faire ressortir l'essentiel de sa conclusion même si on ne saisit pas chaque étape du raisonnement.
Les points forts du livre sont, pour moi, les dialogues, et sans le moindre doute. Chaque dialogue peut être lu assez simplement comme étant une brève mise en scène de la théorie qui est à venir, mais c'est manquer là l'essentiel. Dans GEB, aucun dialogue n'a de double-sens. Ils ont tous, au minimum, un triple-sens, où les idées farfelues s'allient parfaitement à une forme qui paraît très subtilement inorthodoxe, mais jamais fondamentalement étrange. Pourtant, les dialogues imitent les concepts musicaux de canon et de fugue (les styles préférés de Bach), en plus de receler des bonbons (le secret du Contracrostipunctus m'a tellement étonné que j'en suis resté figé pendant près de vingt minutes), qui sans nécessairement ajouter à la richesse du propos, ajoutent fortement à la valeur du livre pris dans son ensemble.
Très excellent livre que j'ai dévoré en deux semaines, malgré les 750 pages. Recommandé à tous ceux qui s'intéressent aux mathématiques, à la musique ou à l'art d'Escher, mais, surtout, à ceux qui se demandent: "Mais qu'est-ce qui fait que mes neurones peuvent construire quelque chose d'aussi complexe que x?", où x est une idée qui vous fascine.
Prochain livre: Incertain. J'hésite entre un Italo Calvino et L'insoutenable légèreté de l'être et un classique de littérature anglosaxonne (Frankenstein ou Gulliver). Mais j'ai hâte d'être à Québec pour pouvoir commander et/ou acheter The Selfish Gene. Ou les Gaïa qui sont au sommet de ma wishlist.
"Mais JD, qu'est-ce donc que cela?"
Très simple, voilà ce que c'est. On se crée un compte d'utilisateur sur amazon.com, on donne des notes aux films/livres que l'on aime (ou pas) et on ajoute à sa "wish list" ceux qu'on ne possède pas mais qu'on aimerait avoir. En triant ces données et en les comparant aux autres utilisateurs du site, Amazon.com fait une liste (assez longue) de recommandations. Elles sont parfois assez loufoques (quoi?! on me recommande les fleurs du mal parce que j'ai aimé la cantatrice chauve?), parfois inutiles (Recommandation: The Little Prince. Raison: You have rated Le Petit Prince), mais après avoir fait un ou deux tri (en ajoutant les titres-dont-j'ai-entendu-parler-et-qui-m'intéressent à la wishlist et en cochant "Not Interested" pour les guides d'étude de l'École des Femmes de Molière), on obtient une liste assez hétéroclite (du moins... si on a des goûts hétéroclites comme les miens) de titres dont on a plus ou moins entendu parler.
Et comme je suis téteux, je remets le lien pour ceux qui ne l'ont pas saisi:
Ma wish list
V' viendrez pas dire que vous savez pas quoi m'acheter pour ma fête. (Jack & Gilles, je veux toujours une élection. Forcez-vous un peu, je suis sûr que vous allez trouver quelque chose. Stéphane, tu peux contribuer aussi.)
Douglas Hofstadter sur amazon.com
Sur Wikipedia (EN) (FR)
Le vif du sujet, donc. Ma dernière lecture: GEB: EGB. Le sujet ne peut être mieux expliqué que par Hofstadter lui-même dans sa préface 20 ans après la parution originale.
In a word, GEB is a very personal attempt to say how it is that animate beings can come out of inanimate matter. What is a self, and how can a self come out of stuff that is as selfless as a stone or a puddle? What is an "I", and why are such things found (at least so far) only in association with [...] certain kinds of gooey lumps encased in hard protective shells mounted atop mobile pedestals that roam the world on pairs of slightly fuzzy, jointed stilts?"
Tentative de résumé de JD de la tentative de réponse de l'auteur, spécialiste (à l'époque) d'intelligence artificielle et (aujourd'hui) de sciences cognitives: l'intelligence est atteinte lorsqu'un système formel (comme, par exemple, un cerveau, dont les neurones réagissent de façon rigide à des stimulants purement électrochimiques, pour former des concepts "mous" ou plastiques comme la pensée) peut référer à lui-même et que ses différents niveaux peuvent interagir les uns sur les autres, en violant les "règles" hiérarchiques établies. (On pense à Escher.) Mais pour en arriver là, l'auteur prend la peine d'expliquer ce qu'est un système formel mathématique et ce qui se passe lorsque celui-ci devient assez puissant pour référer à lui-même.
Le livre est construit en alternant chapitre théorique et dialogue (mettant en scène Achilles et la Tortue de Lewis Carroll, empruntés à Zénon, et leurs amis, le Crabe, le Fourmilier et le Paresseux). Ça peut paraître un peu étrange, mais à travers les situations bizarres que connaissent les personnages, on aborde de façon "pratique" ce qui est par la suite explicité de façon théorique dans le chapitre suivant.
Parfois aride, le livre décourage un peu pendant les chapitres les plus ardus, notamment ceux qui sont centrés sur la construction d'une autoréférence dans les systèmes formels mathématiques. Mais Hofstadter est un bon pédagogue, et il sait faire ressortir l'essentiel de sa conclusion même si on ne saisit pas chaque étape du raisonnement.
Les points forts du livre sont, pour moi, les dialogues, et sans le moindre doute. Chaque dialogue peut être lu assez simplement comme étant une brève mise en scène de la théorie qui est à venir, mais c'est manquer là l'essentiel. Dans GEB, aucun dialogue n'a de double-sens. Ils ont tous, au minimum, un triple-sens, où les idées farfelues s'allient parfaitement à une forme qui paraît très subtilement inorthodoxe, mais jamais fondamentalement étrange. Pourtant, les dialogues imitent les concepts musicaux de canon et de fugue (les styles préférés de Bach), en plus de receler des bonbons (le secret du Contracrostipunctus m'a tellement étonné que j'en suis resté figé pendant près de vingt minutes), qui sans nécessairement ajouter à la richesse du propos, ajoutent fortement à la valeur du livre pris dans son ensemble.
Très excellent livre que j'ai dévoré en deux semaines, malgré les 750 pages. Recommandé à tous ceux qui s'intéressent aux mathématiques, à la musique ou à l'art d'Escher, mais, surtout, à ceux qui se demandent: "Mais qu'est-ce qui fait que mes neurones peuvent construire quelque chose d'aussi complexe que x?", où x est une idée qui vous fascine.
Prochain livre: Incertain. J'hésite entre un Italo Calvino et L'insoutenable légèreté de l'être et un classique de littérature anglosaxonne (Frankenstein ou Gulliver). Mais j'ai hâte d'être à Québec pour pouvoir commander et/ou acheter The Selfish Gene. Ou les Gaïa qui sont au sommet de ma wishlist.
mardi 12 juin 2007
Dernière illusion brisée
Ça aura pris 18 mois, mais finalement, Harper a réussi à contrecarrer tous ses propres bons coups. Le dernier point positif restant de ce gouvernement était la coopération fédéral-provincial, avec le début d'entente de règlement du déséquilibre fiscal comme figure de proue de la nouvelle méthode de communication entre les deux paliers gouvernementaux. Maintenant, Harper menace de traîner Halifax en cour. Petit flashback du débat présidentiel français, où Ségolène Royal avait (à juste titre) frappé Sarkozy assez dur parce qu'il prônait un modèle où un citoyen peut et doit poursuivre le gouvernement lorsqu'un service manque.
De notre côté de l'Atlantique, les discussions et négotiations d'égal à égal ont été remplacées par des menaces de poursuite. Va-t-il bientôt nous emmerder et rentrer à sa maison?
Jack, j'ai trouvé ce que je veux pour ma fête: une élection.
----
Edit: Trop ridicule pour ne pas être mentionné: le Pentagon avait un projet de bombe gaie.
Homer: ... and the entire steel mill was gay.
Moe: Where you been, Homer? The entire steel industry is gay. Eh, aerospace, too, and the railroads. And you know what else? Broadway.
De notre côté de l'Atlantique, les discussions et négotiations d'égal à égal ont été remplacées par des menaces de poursuite. Va-t-il bientôt nous emmerder et rentrer à sa maison?
Jack, j'ai trouvé ce que je veux pour ma fête: une élection.
----
Edit: Trop ridicule pour ne pas être mentionné: le Pentagon avait un projet de bombe gaie.
Homer: ... and the entire steel mill was gay.
Moe: Where you been, Homer? The entire steel industry is gay. Eh, aerospace, too, and the railroads. And you know what else? Broadway.
samedi 9 juin 2007
À surveiller: la Colombie
J'en profite pour présenter un de mes jouets internet préférés, le Christian Science Monitor, un journal indépendant. Le nom est trompeur.
Après des décennies de gouvernement marionnette et de conflits entre milices paramilitaires, il semblerait que la Colombie ait finalement décidé de se prendre en main, en nommant Mario Iguarán comme prosécuteur général. Il impressionne les groupes internationaux de surveillance des droits de l'homme en osant s'attaquer aux cas difficiles. Les mesures de sécurité nécessaires à l'exercice de son travail fournissent une idée du danger de son travail. Reste à voir s'il aura un rôle à jouer dans la libération éventuelle d'Ingrid Bétancourt.
La Colombie est donc un pays à surveiller. Pour l'instant, elle représente l'une des pires taches politiques dans le tableau hispano-américain, avec Cuba (bien sûr) et le Vénézuela (quoique je suis en général favorable à Chavez, la fermeture de RCTV il y a deux semaines l'a fait chuter considérablement dans mon estime). On parle énormément de la montée de la Chine, qui fera très bientôt contrepoids aux États-Unis (elle le ferait déjà, mais la Chine ignore elle-même l'ampleur de sa force ), mais on ignore qu'en parallèle, deux pôles idéologiques sont en train de consolider leur puissance afin de faire face au néolibéralisme étasunien. D'ici quelques années, la Chine sera, à une démocratie respectueuse des droits de l'homme près (ce qui est, bien sûr, majeur) pratiquement identique aux États-Unis. L'étiquette communiste s'applique mal à un pays qui joue en bourse (et qui, ces temps-ci, perd énormément).
Par contre, on peut observer une montée de la gauche en Amérique latine. Il y a là une véritable différence idéologique. Les hispanoaméricains ont une vision différente du monde, tel qu'il est en ce moment et tel qu'ils veulent qu'il soit dans une génération. Le monde supporte difficilement une hégémonie, et il est difficile de sous-estimer l'importance d'avoir au moins deux superpuissances sur l'échelle internationale. Et une superpuissance n'est crédible que lorsqu'elle ne s'entredéchire pas, ce qui amplifie l'importance l'opération de nettoyage de la Colombie (et, idéalement, de l'amélioration de la démocratie à Cuba et au Venezuela).
J'ai brièvement mentionné que deux pôles idéologiques tentent présentement de faire contrepoids aux États-Unis, en mettant l'emphase sur l'un d'eux (l'Amérique latine). Vous êtes, évidemment, en droit de vous demander quel est l'autre centre idéologique que je considère majeur sur l'échelle planétaire.
C'est l'Islam. Dans 20 ou 30 ans, les États-Unis auront la Chine comme adversaire économique; l'Amérique latine comme adversaire politique; le monde arabe, comme adversaire militaire et religieux.
Après des décennies de gouvernement marionnette et de conflits entre milices paramilitaires, il semblerait que la Colombie ait finalement décidé de se prendre en main, en nommant Mario Iguarán comme prosécuteur général. Il impressionne les groupes internationaux de surveillance des droits de l'homme en osant s'attaquer aux cas difficiles. Les mesures de sécurité nécessaires à l'exercice de son travail fournissent une idée du danger de son travail. Reste à voir s'il aura un rôle à jouer dans la libération éventuelle d'Ingrid Bétancourt.
La Colombie est donc un pays à surveiller. Pour l'instant, elle représente l'une des pires taches politiques dans le tableau hispano-américain, avec Cuba (bien sûr) et le Vénézuela (quoique je suis en général favorable à Chavez, la fermeture de RCTV il y a deux semaines l'a fait chuter considérablement dans mon estime). On parle énormément de la montée de la Chine, qui fera très bientôt contrepoids aux États-Unis (elle le ferait déjà, mais la Chine ignore elle-même l'ampleur de sa force ), mais on ignore qu'en parallèle, deux pôles idéologiques sont en train de consolider leur puissance afin de faire face au néolibéralisme étasunien. D'ici quelques années, la Chine sera, à une démocratie respectueuse des droits de l'homme près (ce qui est, bien sûr, majeur) pratiquement identique aux États-Unis. L'étiquette communiste s'applique mal à un pays qui joue en bourse (et qui, ces temps-ci, perd énormément).
Par contre, on peut observer une montée de la gauche en Amérique latine. Il y a là une véritable différence idéologique. Les hispanoaméricains ont une vision différente du monde, tel qu'il est en ce moment et tel qu'ils veulent qu'il soit dans une génération. Le monde supporte difficilement une hégémonie, et il est difficile de sous-estimer l'importance d'avoir au moins deux superpuissances sur l'échelle internationale. Et une superpuissance n'est crédible que lorsqu'elle ne s'entredéchire pas, ce qui amplifie l'importance l'opération de nettoyage de la Colombie (et, idéalement, de l'amélioration de la démocratie à Cuba et au Venezuela).
J'ai brièvement mentionné que deux pôles idéologiques tentent présentement de faire contrepoids aux États-Unis, en mettant l'emphase sur l'un d'eux (l'Amérique latine). Vous êtes, évidemment, en droit de vous demander quel est l'autre centre idéologique que je considère majeur sur l'échelle planétaire.
C'est l'Islam. Dans 20 ou 30 ans, les États-Unis auront la Chine comme adversaire économique; l'Amérique latine comme adversaire politique; le monde arabe, comme adversaire militaire et religieux.
mardi 5 juin 2007
Dissonance cognitive
Dans le coin vert forêt, le Fonds mondial pour la nature. Dans le coin vert billet-de-20$, Stephen Harper. Et dans le coin noir-or, les compagnies qui exploitent les sables bitumineux d'Alberta. On a donc deux points de vue qui s'opposent diamétralement et le secteur privé qui engorge des profits immédiats, aux dépens de l'avenir.
Et pour boucler la boucle, je réaffirme ma certitude sarcastique que la dissonance cognitive, dans le domaine politique, n'est pas la doublepensée d'Orwell, mais de la propagande.
Je sais, ce sont là des anti-nouvelles (il n'y a rien de neuf là-dedans), mais l'approche du G8 fournit une nouvelle occasion de critiquer le gouvernement conservateur en matière d'environnement. Et de dissémination d'information. Il faut remonter très loin (ou regarder aux États-Unis... ce qui n'est pas nécessairement bien.) pour trouver un gouvernement avec une telle tendance à "spinner" tout acte afin de se valoriser lui-même. Il me semble qu'une politique intelligente et efficace n'a pas besoin d'être défendue avec tant d'énergie. Mais j'adopte, involontairement, une habitude d'écoute des nouvelles que je jugerais assez semblable à celle de la plupart des gens (environ 1 heure par jour, 3-4 jours par semaine) et je vois John Baird si souvent et les critiques si rarement que je finis, par pur martèlement, à penser que finalement le gouvernement agit en matière environnementale... jusqu'à ce que je questionne un peu ce qui est dit, et que je me rends compte du contraire. Il y a apparence d'action, mais pas d'action.
Et pour conclure, un petit quiz. Deux pays pourraient vous servir de modèle et vous devez choisir uniquement l'un d'eux. Les deux sont des régimes démocratiques.
Le premier a:
1) un PIB/capita de 43 500 US$.
2) une croissance économique annuelle aux environs de 3,4%
3) une inflation aux environs de 2,42%
4) un taux de chômage d'environ 4,4%
5) une dette de 66% du PIB
6) donne 0,19% de son PIB en aide internationale
7) un environnement de plus en plus surexploité afin de maximiser les profits à court terme
8) un coefficient Gini de 40,8 (entre le Sénégal et le Turkménistan)
9) une dette qui croit de plus en plus vite.
Le deuxième a:
1) un PIB/capita de 47 800 US$.
2) une croissance économique annuelle aux environs de 3%
3) un taux d'inflation aux environs de 2,3%.
4) un taux de chômage d'environ 3,5%.
5) une dette de 44,8% du PIB.
6) donne 0,87% de son PIB en aide internationale.
7) un environnement largement propre et exploité en vision du long terme.
8) un coefficient Gini de 25.8 (5ème au monde, entre la république Tchèque et la Slovaquie)
9) possède un "bas de laine" d'une valeur de 155% de son PIB, qui pourrait être utilisé pour payer la dette, investir dans les technologies d'énergies renouvelables, etc.
Le premier pays, ce sont les États-Unis. Le second, la Norvège. Pourquoi, pourquoi, dites-moi, pourquoi est-ce que tant de politiciens (entre autres Harper) visent à ressembler aux États-Unis plutôt qu'à la Norvège?
Toutes données prises sur Wikipedia. Peu crédible, je sais, mais incrédibilité égale pour toutes les données.
Et pour boucler la boucle, je réaffirme ma certitude sarcastique que la dissonance cognitive, dans le domaine politique, n'est pas la doublepensée d'Orwell, mais de la propagande.
Je sais, ce sont là des anti-nouvelles (il n'y a rien de neuf là-dedans), mais l'approche du G8 fournit une nouvelle occasion de critiquer le gouvernement conservateur en matière d'environnement. Et de dissémination d'information. Il faut remonter très loin (ou regarder aux États-Unis... ce qui n'est pas nécessairement bien.) pour trouver un gouvernement avec une telle tendance à "spinner" tout acte afin de se valoriser lui-même. Il me semble qu'une politique intelligente et efficace n'a pas besoin d'être défendue avec tant d'énergie. Mais j'adopte, involontairement, une habitude d'écoute des nouvelles que je jugerais assez semblable à celle de la plupart des gens (environ 1 heure par jour, 3-4 jours par semaine) et je vois John Baird si souvent et les critiques si rarement que je finis, par pur martèlement, à penser que finalement le gouvernement agit en matière environnementale... jusqu'à ce que je questionne un peu ce qui est dit, et que je me rends compte du contraire. Il y a apparence d'action, mais pas d'action.
Et pour conclure, un petit quiz. Deux pays pourraient vous servir de modèle et vous devez choisir uniquement l'un d'eux. Les deux sont des régimes démocratiques.
Le premier a:
1) un PIB/capita de 43 500 US$.
2) une croissance économique annuelle aux environs de 3,4%
3) une inflation aux environs de 2,42%
4) un taux de chômage d'environ 4,4%
5) une dette de 66% du PIB
6) donne 0,19% de son PIB en aide internationale
7) un environnement de plus en plus surexploité afin de maximiser les profits à court terme
8) un coefficient Gini de 40,8 (entre le Sénégal et le Turkménistan)
9) une dette qui croit de plus en plus vite.
Le deuxième a:
1) un PIB/capita de 47 800 US$.
2) une croissance économique annuelle aux environs de 3%
3) un taux d'inflation aux environs de 2,3%.
4) un taux de chômage d'environ 3,5%.
5) une dette de 44,8% du PIB.
6) donne 0,87% de son PIB en aide internationale.
7) un environnement largement propre et exploité en vision du long terme.
8) un coefficient Gini de 25.8 (5ème au monde, entre la république Tchèque et la Slovaquie)
9) possède un "bas de laine" d'une valeur de 155% de son PIB, qui pourrait être utilisé pour payer la dette, investir dans les technologies d'énergies renouvelables, etc.
Le premier pays, ce sont les États-Unis. Le second, la Norvège. Pourquoi, pourquoi, dites-moi, pourquoi est-ce que tant de politiciens (entre autres Harper) visent à ressembler aux États-Unis plutôt qu'à la Norvège?
Toutes données prises sur Wikipedia. Peu crédible, je sais, mais incrédibilité égale pour toutes les données.
vendredi 1 juin 2007
99 sous, vingt-dix-neuf sous, vingt-dix-neuf sous...
Les talents musicaux de Marc Labrèche me surprendront toujours.
Brefs commentaires obligatoires sur le budget.
1) Dommage. J'aime les élections. Fallait s'y attendre, par contre...
2) Ça aurait été drôle que la (ou le? est-il entré en fonction?) lieutenant-gouverneur use de son pouvoir discrétionnaire pour donner le rôle de PM au chef de l'opposition (Voir Ontario, 1985). J'ai l'impression que la seule véritable possibilité de tuer l'ADQ dans l'oeuf, ç'eût été de leur donner assez de corde pour se pendre. Dans un an, ils auront davantage d'expérience et en cas d'élection, seront crédibles... autant qu'un adéquiste peut êtrecrédible. Un peu comme laisser un prisonnier dangereux en liberté conditionnelle sous très haute surveillance (gouvernement minoritaire, PM non-élu par la population) afin de démontrer qu'il n'est pas réhabilitable et que c'est correct de le remettre en prison.
Le retour du bulletin chiffré, unique
Parmi les nouvelles de non-élections, de tuberculose (paniquons tous!) et des folles dépenses de Vincent Lacroix, j'imagine que peu de gens commenteront le retour du bon vieux bulletin chiffré. Et le gouvernement Charest répond à l'excellent article de Michèle Ouimet (entre autres) en simplifiant les énoncés de compétence sur le bulletin. Et c'est ici que dans ma tête, ça fait "ding ding ding". Parce qu'en regardant les exemples cités dans l'article du Devoir, on se rend compte d'une chose: on a supposément clarifié les critères d'évaluation en enlevant des mots compliqués comme "processus", "concept", "problème d'ordre scientifique" ou "technologique". Comme quoi on considère que le problème réside dans le peu de vocabulaire des parents et non pas dans l'aspect nébuleux de ce qui est évalué.
"Construire un référentiel moral"; qu'on comprenne le sens des mots "référentiel" et "moral" ou pas, demeure quelque chose d'extrêmement flou. Qu'est-ce qui est évalué? Comment évalue-t-on? La modification du bulletin ne nécessitait pas moins de mots, mais davantage. Parfois, on clarifie la vue en élaguant, mais la ministre Courchesne s'est attaqué aux branches primaires de l'arbre. Résultat: le bulletin se retrouve tout nu comme un bâton.
En bout de ligne, c'est toute la réforme qu'il faut questionner. Elle avait, à l'origine, le but noble de chercher à développer chez l'élève des compétences autres que la mémorisation et à développer la capacité de réfléchir. Cependant, mes discussions avec K., une étudiante en enseignement des maths au secondaire, et M-S, une élève de secondaire 1, m'apprennent que la réforme a eu l'effet pervers suivant: les élèves apprennent maintenant les étapes du raisonnement par coeur. Résultat final: l'élève a appris, par coeur, à suivre une seule et unique démarche par type de problème. La capacité de réflexion n'est pas davantage développée. On n'a que déplacé la mémorisation du résultat final (j'ai encore des flashbacks d'une fille avec qui j'ai fait mon primaire qui pouvait donner en une demie seconde la réponse à n'importe quelle multiplication d'une table fournie par l'enseignante, mais qui ignorait complètement et totalement comment aller au-delà de cette table) à la démarche.
En somme, on parait progresser, mais on pellete la neige d'un côté de la cour pour l'envoyer de l'autre côté. On déblaiera l'autre côté plus tard. C'est dommage que les enseignants (qui jouent un des rôles les plus importants dans la création d'une société viable) et les politiciens (qui donnent une ligne directrice autour de laquelle les enseignants peuvent osciller) ne lisent pas davantage de Max Stirner.
"On pousse les jeunes en troupeau à l'école et quand ils savent par coeur le verbiage des vieux, on les déclare majeurs"
"Toute éducation doit devenir personnelle - ce n'est pas le savoir qui doit être inculqué, c'est la personnalité qui doit parvenir à son plein épanouissement. [...] Le point de départ de la pédagogie ne doit pas être de civiliser, mais de former des personalités libres, des caractères souverains."
Citation tirée de ceci.
Brefs commentaires obligatoires sur le budget.
1) Dommage. J'aime les élections. Fallait s'y attendre, par contre...
2) Ça aurait été drôle que la (ou le? est-il entré en fonction?) lieutenant-gouverneur use de son pouvoir discrétionnaire pour donner le rôle de PM au chef de l'opposition (Voir Ontario, 1985). J'ai l'impression que la seule véritable possibilité de tuer l'ADQ dans l'oeuf, ç'eût été de leur donner assez de corde pour se pendre. Dans un an, ils auront davantage d'expérience et en cas d'élection, seront crédibles... autant qu'un adéquiste peut êtrecrédible. Un peu comme laisser un prisonnier dangereux en liberté conditionnelle sous très haute surveillance (gouvernement minoritaire, PM non-élu par la population) afin de démontrer qu'il n'est pas réhabilitable et que c'est correct de le remettre en prison.
Le retour du bulletin chiffré, unique
Parmi les nouvelles de non-élections, de tuberculose (paniquons tous!) et des folles dépenses de Vincent Lacroix, j'imagine que peu de gens commenteront le retour du bon vieux bulletin chiffré. Et le gouvernement Charest répond à l'excellent article de Michèle Ouimet (entre autres) en simplifiant les énoncés de compétence sur le bulletin. Et c'est ici que dans ma tête, ça fait "ding ding ding". Parce qu'en regardant les exemples cités dans l'article du Devoir, on se rend compte d'une chose: on a supposément clarifié les critères d'évaluation en enlevant des mots compliqués comme "processus", "concept", "problème d'ordre scientifique" ou "technologique". Comme quoi on considère que le problème réside dans le peu de vocabulaire des parents et non pas dans l'aspect nébuleux de ce qui est évalué.
"Construire un référentiel moral"; qu'on comprenne le sens des mots "référentiel" et "moral" ou pas, demeure quelque chose d'extrêmement flou. Qu'est-ce qui est évalué? Comment évalue-t-on? La modification du bulletin ne nécessitait pas moins de mots, mais davantage. Parfois, on clarifie la vue en élaguant, mais la ministre Courchesne s'est attaqué aux branches primaires de l'arbre. Résultat: le bulletin se retrouve tout nu comme un bâton.
En bout de ligne, c'est toute la réforme qu'il faut questionner. Elle avait, à l'origine, le but noble de chercher à développer chez l'élève des compétences autres que la mémorisation et à développer la capacité de réfléchir. Cependant, mes discussions avec K., une étudiante en enseignement des maths au secondaire, et M-S, une élève de secondaire 1, m'apprennent que la réforme a eu l'effet pervers suivant: les élèves apprennent maintenant les étapes du raisonnement par coeur. Résultat final: l'élève a appris, par coeur, à suivre une seule et unique démarche par type de problème. La capacité de réflexion n'est pas davantage développée. On n'a que déplacé la mémorisation du résultat final (j'ai encore des flashbacks d'une fille avec qui j'ai fait mon primaire qui pouvait donner en une demie seconde la réponse à n'importe quelle multiplication d'une table fournie par l'enseignante, mais qui ignorait complètement et totalement comment aller au-delà de cette table) à la démarche.
En somme, on parait progresser, mais on pellete la neige d'un côté de la cour pour l'envoyer de l'autre côté. On déblaiera l'autre côté plus tard. C'est dommage que les enseignants (qui jouent un des rôles les plus importants dans la création d'une société viable) et les politiciens (qui donnent une ligne directrice autour de laquelle les enseignants peuvent osciller) ne lisent pas davantage de Max Stirner.
"On pousse les jeunes en troupeau à l'école et quand ils savent par coeur le verbiage des vieux, on les déclare majeurs"
"Toute éducation doit devenir personnelle - ce n'est pas le savoir qui doit être inculqué, c'est la personnalité qui doit parvenir à son plein épanouissement. [...] Le point de départ de la pédagogie ne doit pas être de civiliser, mais de former des personalités libres, des caractères souverains."
Citation tirée de ceci.
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